nouveauté

Le Rite écossais rectifié un chemin de vie chrétienne

Présentation

Depuis sa « formation », au XVIIIème siècle, à partir du corpus de l’initiation de métier et de celui de l’authentique chevalerie, le Rite Ecossais Rectifié constitue la voie spécifique majeure de l’esôterikós chrétien (ésotérisme signifie ce qui est intérieur, au coeur) par son enseignement métaphysique à travers ses textes et ses symboles, pour autant qu’il demeure indéfectiblement dans l’entier respect des dogmes chrétiens.
Cette voie d’intériorité spirituelle que l’on appelle, en Occident, la voie initiatique consiste en l’approfondissement métaphysique de la foi. Rappelons que la métaphysique est la partie la plus intérieure de la théologie. Dans cette perspective, il est certain que les rituels (ces symboles en actes) du Rite Ecossais Rectifié, qui en constituent l’ossature pédagogique comme la mise en dynamique de vie, s’apparentent aux exercices spirituels tels qu’ils existent dans l’Eglise pour aider à l’édification de la vie chrétienne.
Il est essentiel de rappeler que seuls les sacrements, mais surtout ceux que la théologie appelle l’initiation chrétienne : le Baptême, la Confirmation et l’Eucharistie (à laquelle tous les autres sont ordonnés) sont nécessaires et suffisant pour obtenir les grâces menant au Salut : la résurrection de la chair et la vie éternelle dans le Royaume de Dieu. Cette voie initiatique n’apporte donc aucun « plus » à cet égard mais répond à la vocation de « l’hommes de désir », selon la parole de Jean dans l’Apocalypse, qui a soif de connaître plus intimement le Seigneur par ce chemin spécifique de l’esôterikós, et le conduit, à travers ses jalons, à un « au plus près » de Lui. Sans exclusive ni supériorité par rapport aux autres cheminements chrétiens, mais dans la plénitude de sa spécificité, cette voie du Rite Ecossais Rectifié présente toute sa légitimité et sa fécondité spirituelles.

AUTEUR

Pascal Gambirasio d’Asseux est né en 1951 à Paris. Il est diplômé des Facultés de Droit d’Assas et de Panthéon-Sorbonne. Auteur, conférencier, invité de France Culture et de RCF (Radio Chrétienne Francophone), il s’est attaché à expliciter la dimension chrétienne de la voie chevaleresque ainsi que de l’héraldique, son langage symbolique, en tant que toutes deux constituent d’authentiques chemins d’intériorité (étymologiquement esôterikós) afin que, selon l’expression d’Anastase le Sinaïte : « Dieu fasse en l’homme sa demeure ». Dans cette continuité, il présente une étude du Rite Écossais Rectifié lequel, par sa nature spécifique, participe de cette voie d’intériorité à côté des autres chemins d’ascèse chrétienne que l’Église appelle les voies vers la sainteté pour accéder au Royaume de Dieu.


Titre Le Rite écossais rectifié un chemin de vie chrétienne
Auteur Pascal GAMBIRASIO d’ASSEUX
Nb. pages: 326 pages
N° ISBN : 978-2-36353-130-8
Prix public : 21,90€
Poids : 360gr
N°ISBN/ePub : N.A
Date édition : avril 22 - tirage limité


TABLE DES MATIERES

Table des matières
Préface. 11
Avant-propos 15
Première Partie. 21
L’esôterikós chrétien. 21
          La vraie nature de l’esôterikós chrétien. 23
          Sainteté et voie initiatique. 46
          La Kabbale et l’esôterikós chrétien. 59
I L’ésotérisme et la voie initiatique au cœur du christianisme. 59
II La Kabbale, clef opérative de l’esôterikós chrétien. 63
III La Kabbale en son corpus. 70
IV La doctrine du Rite Écossais Rectifié à l’aune de la Kabbale. 80
Jésus-Christ :la nature de l’Homme-Dieu. 83

Seconde Partie. 115
Le Rite Écossais Rectifié. 115
Aperçus sur le Rite Écossais Rectifié. 117
I Rite et Régime Écossais Rectifié. 117
II Les sources de la Rectification. 123
          1-1 Un Ordre et des hommes 123
      1-2 L’Ordre : la Stricte Observance. 125
      1-3 Les hommes. 127
 III La Rectification : une naissance en deux actes. 134
1-    Le Convent National des Gaules de 1778. 135
2-    Le Convent Général de Wilhemsbad de 1782. 136
IV Le sens de la Rectification. 138
1-Nature et but de l’initiation primitive. 139
2- Retour à la nature explicitement chrétienne de la Franc-Maçonnerie  143
V La doctrine du Rite Écossais Rectifié. 147
Le Régime Écossais Rectifié : un esprit et deux corps. 153
I Quelques principes fondamentaux du Rite Écossais Rectifié. 153
II La chevalerie : origine, nature et transmission. 170
          1- L’origine. 170
          2- La nature ou Mystère et Ministère de la chevalerie. 171
         3- La transmission. 177
     4- Précisions sur les femmes et la chevalerie. 181
III De la classe symbolique à l’Ordre Intérieur 183
Dogme chrétien et doctrine de Martinès de Pasqually :
la problématique du Rite Écossais Rectifié. 191
I La problématique. 192
II Le dogme chrétien. 198
III L’homme : ontologie et eschatologie. 203
     1 Selon la doctrine de Martinès de Pasqually. 204
     2 Au regard de la Kabbale juive et chrétienne :
Adam ou la lumière du sang. 209
IV Une épine dans la chair du Rite Écossais Rectifié :
la classe secrète des Profès et Grands Profès. 250
La révélation des Noms divins au Rite Écossais Rectifié. 260
I Le Nom révélé au Maître Maçon. 262
II Le Nom révélé au Maître Écossais de Saint-André. 266
III Les Noms révélés au Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte. 269
1- La révélation de Noms nouveaux. 269
2- À nouveau, un Nom déjà révélé                                   277  
Le Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte,
homme du huitième Jour 281
I-Jésus (Yeschouah) 287
II-Emmanuel 288
III-Amen. 289
IV-Le Nom Tétragramme יהוה. 292
Les correspondances spirituelles du Rite Écossais Rectifié. 298
BIBLIOGRAPHIE.. 311

ENTRETIEN AVEC L'AUTEUR

- Bien évidemment, la première question sera de savoir pourquoi vous avez décidé d’écrire un livre sur le Rite Écossais Rectifié à propos duquel, depuis quelque temps, les ouvrages se font assez nombreux et qu’est-ce que votre livre peut et souhaite apporter de particulier ?

- Il est parfaitement exact que, pendant des décennies, peu de livres ont été publiés sur le Rite Écossais Rectifié et, sauf les ouvrages de Jean Tourniac, on peut même dire que ce Rite était le grand absent de la littérature maçonnique, spécialement en France qui est son vrai pays de naissance en tant que la « Rectification » s’est largement opérée sous l’impulsion de Maçons français, bien évidemment Willermoz étant le principal d’entre eux, et sachant que le Convent de Wilhemsbad de 1782 n’aurait pas pu se tenir s’il n’y avait eu d’abord le Convent de Lyon en 1778.
C’était donc une situation aussi incompréhensible qu’injuste de constater cette lacune ou cette indifférence au sein d’une littérature si abondante par ailleurs dans ce domaine. Toutefois, ce qui se passe depuis quelques années, comme toute nouveauté et toute abondance, comporte sa part de bonnes choses mais aussi de mauvaises, sachant que celles-là sont plus difficiles à rectifier (c’est le cas de le dire !) que les premières à faire entendre.
Enfin, dans mes ouvrages précédents, j’ai traité de cette voie d’intériorité chrétienne qui s’exprime notamment dans la tradition chevaleresque ainsi que dans son langage symbolique, l’héraldique. J’ai voulu poursuivre cette démarche en m’intéressant plus précisément à cette voie originale, à la fois connue et méconnue (souvent altérée) qui, bien que rattachée par la configuration de ses quatre premiers grades à la Maçonnerie en général (ce qui lui nuit aux yeux de beaucoup compte tenu de l’état général de cette dernière depuis le XVIIIème siècle), n’en constitue pas moins un corpus et un fonds spécifiques qui dépassent cette simple vision « formelle » et méritent que l’on en approfondisse les arcanes.

- Pouvez-vous expliciter votre propos ?

- Bien sûr. D’abord, il convient de rappeler très brièvement ce qu’est le Rite Écossais Rectifié qui ne se réduit pas à un Rite parmi d’autres au sein de la famille maçonnique dont il adopte la forme (pour sa classe symbolique) parce qu’en Occident c’est celle qui a perduré de manière la plus stable. Ainsi, depuis sa « formation » au XVIIIème siècle à partir du corpus de l’initiation de métier et de celui de l’authentique chevalerie, ce modus operandi spiritualis - définissons-le ainsi - qui prendra le nom de Rite Écossais Rectifié, et pour autant qu’il demeure indéfectiblement dans l’entier respect des dogmes chrétiens, incarne par son enseignement métaphysique à travers ses textes et ses symboles la voie initiatique majeure de l’esôterikós (ἐσωτερικός) chrétien. Rappelons qu’esôterikós signifie ce qui est intérieur (au cœur) et exprime, au sein du christianisme, non deux voies de natures distinctes, mais deux modalités-sœurs en vue du Royaume de Dieu : la voie mystique et la voie initiatique qui, d’ailleurs peuvent se conjoindre chez une même personne.
C’est là un point fondamental, incontournable et non négociable comme l’on dit aujourd’hui, que je m’efforce d’expliquer mais que certains des ouvrages publiés de nos jours oublient, négligent voire dénient. Et cela est préjudiciable à cette voie qui se trouve ainsi présentée de manière erronée et peut apparaître, notamment aux yeux de nombre de chrétiens, comme au mieux inutile, au pire contraire à la foi et aux enseignements de l’Église.
Pour autant, il ne s’agit nullement de stigmatiser ceux qui n’ont pas pris conscience de cette problématique essentielle et réfutent donc toute critique à ce titre, notamment à propos de cette classe théoriquement secrète des Profès et Grands Profès. En revanche, il est absolument nécessaire, c’est même un devoir spirituel, d’abord chrétien et ensuite « rectifié », de mettre en lumière tous les points de contradiction de la doctrine de Martinès de Pasqually, étudiée au sein de cette fameuse classe, avec les enseignements de l’Église.
Une autre précision : en ce livre comme en d’autres, j’ai choisi d’utiliser le terme grec esôterikós (ἐσωτερικός) car il exprime radicalement (à tous les sens du mot) ce dont il s’agit, permettant de se prémunir contre toute déviance sémantique ainsi que d’écarter les dévoiements multiples de courants pseudo « ésotériques » et autoproclamés « initiatiques » qui empoisonnent l’entendement de ceux qu’ils séduisent et discréditent aux yeux des autres cette voie d’intériorité en la dénaturant d’une manière ou d’une autre.
- Au regard de ce que vous venez d’indiquer, quels sont les thèmes que vous abordez ?
- Je tiens à rappeler des principes essentiels en la matière ; je dis rappeler, mais force est de constater, malheureusement, que beaucoup les ont perdus de vue ou les méconnaissent totalement parce qu’on ne les leur a jamais enseignés. Bien évidemment, je m’efforce de les expliquer au mieux, en tout premier lieu ce qui constitue le caractère unique de l’esôterikós chrétien dans l’Histoire des spiritualités humaines, mais il ne s’agit pas là d’une thèse personnelle qui n’aurait alors que valeur d’opinion subjective. C’est bien notre tradition chrétienne qui l’a toujours entendu ainsi et dans laquelle je m’inscris avec l’humilité évidente que cela exige. Toutefois, cette tradition se trouve combattue et dénaturées depuis plus de deux siècles.
Quels sont ces principes, me demanderez-vous. Pour être succinct malgré la densité du sujet, je me bornerai à indiquer ceci : premièrement, cette voie d’intériorité spirituelle que l’on appelle, en Occident, la voie initiatique, exprimée de manière prééminente par le Rite Écossais Rectifié, consiste dans l’approfondissement métaphysique de la foi, donc de l’intégralité et l’intégrité des articles du Credo, sans nul accommodement au gré de chacun. La métaphysique, tout le monde le sait, est la partie la plus intérieure (ou supérieure) de la théologie. En l’espèce, elle intègre aussi une connaissance de la Kabbale traditionnelle, de surcroît à la lumière de la révélation chrétienne. Bien évidemment, cette démarche de connaissance - qui est à l’opposé de tout Gnosticisme - doit s’inscrire dans une vie orante et sacramentelle telles que l’Église les enseigne et les transmet afin d’y puiser légitimité et fécondité dans et par les grâces divines En deuxième lieu, il est certain que les rituels (ces symboles en actes) du Rite Écossais Rectifié, qui en constituent l’ossature pédagogique comme la mise en dynamique de vie, s’apparentent aux exercices spirituels tels qu’ils existent dans l’Église pour aider à l’édification de la vie chrétienne. Enfin, l’acte spirituel de transmission de chaque grade, comme il en va aussi de l’adoubement chevaleresque, doit se comprendre comme un sacramental, au sens théologique du terme (à ne pas confondre avec les sacrements) ; ni plus ni moins.
Une fois ces principes posés, il est d’importance capitale d’en énoncer un autre auxquels ceux-ci se trouvent absolument subordonnés : seuls les sacrements, justement - en premier lieu ceux que la théologie appelle l’initiation chrétienne : le Baptême, la Confirmation et l’Eucharistie (qualifiée de « sacrement des sacrements », à laquelle tous les autres sont ordonnés) - sont nécessaires et suffisants pour obtenir les grâces menant au Salut : la résurrection de la chair et la vie éternelle dans le Royaume de Dieu. Aussi, entendons-nous bien : cette voie initiatique n’apporte aucun « plus » à cet égard mais répond à la vocation de « l’homme de désir », selon la parole de Jean dans l’Apocalypse, qui a soif de connaître plus intimement le Seigneur par ce chemin spécifique de l’esôterikós, et le conduit, à travers ses jalons, à un « au plus près » de Lui. C’est, au demeurant, ce que je me suis attaché à exposer dans mes autres livres. Avec cet ouvrage, je souhaite mettre en lumière (c’est bien le terme qui convient en l’espèce) un cheminement spécifique en Occident qui participe de cette rencontre avec Dieu et donc aussi avec soi : le Rite Écossais Rectifié.
Sans exclusive ni supériorité par rapport aux autres cheminements chrétiens, mais dans la plénitude de sa spécificité, cette voie du Rite Écossais Rectifié présente toute sa légitimité et sa fécondité spirituelles. Au sein du christianisme, ainsi que je viens de le préciser, il n’y a pas de différence de nature mais seulement de modalités entre ces différents chemins de rencontre avec le Seigneur, pour autant qu’ils demeurent fidèles à l’Évangile et aux sacrements dont l’Église est garante.
Ainsi, le constat est clair : à l’opposé de la dénaturation de cet esôterikós véhiculée notamment depuis deux siècles par une Franc-Maçonnerie profanisée, souvent athée voire anti-chrétienne et par une multitude de mouvements pseudo-spirituels, le Rite Écossais Rectifié, à la condition expresse d’être enseigné et pratiqué dans l’esprit et le cadre que je viens d’exposer, se présente comme une réelle voie d’ascèse et donc constitue ce que je n’ai pas craint d’appeler un chemin de vie chrétienne.
- Votre livre se présente donc comme un rappel des fondamentaux chrétiens du Rite Écossais Rectifié et leur primat sur celui-ci ?
- Lorsque j’ai évoqué une humilité dans ma démarche, ce n’était pas une formule convenue, mais bien mon souci premier en m’aventurant sur un tel sujet. Je n’ai pas d’autres prétentions, d’autre désir que de servir à restaurer, s’il en est besoin, la nature authentique de cette voie chrétienne, qui est plus qu’un Rite au sens courant du terme, et de concourir à ce que le Rite et le Régime Écossais Rectifiés ne soient pas déformés par des analyses ou des thèses qui s’écrivent ici et là à son sujet et qui, à la lumière de l’Évangile et de la tradition de l’Église inspirée par l’Esprit Saint, sont tout simplement erronées, donc dommageables tant au Rectifié lui-même qu’à ceux qui le pratiquent et au public qui le découvrirait sous ces présentations faussées ou tronquées.
Répétons-le, car c’est fondamental au sens plénier du terme, le Rite Écossais Rectifié s’inscrit par essence dans le cadre et le respect absolu des dogmes chrétiens ou perd sa raison d’être, donc son efficience spirituelle et, plus encore, sa légitimité.
La loyauté et la fidélité, sans nulle restriction mentale, qui se doivent à Dieu, à son Verbe Incarné, Jésus-Christ ainsi qu’à l’Église qu’il a institué comme son Corps Mystique, est le premier devoir d’un chrétien et exigent de lui, en ce domaine comme en tout autre, un témoignage ferme, constant, courageux et vigilant, quelles que soient par ailleurs l’affection et l’estime qu’il peut porter à ceux qui se tiennent (encore) éloignés des principes énoncés. Voilà ce que j’ai eu à cœur d’exposer et de partager en écrivant ce livre.